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  • Peter Parkour

Avengers Endgame : Marvel Celebration

Mis à jour : 9 juil 2019

Véritable film événement , Avengers Endgame est enfin dans nos salles obscures et dans le monde entier. Point culminant d'une saga étalée sur onze ans et vingt-et-un films, mais aussi suite d'un opus déjà massif se terminant sur un cliffhanger marquant. Une durée de trois heures et une communication centrée autour du secret auront fini de susciter une attente phénoménale autour du film. L'occasion de se demander si le film est  bien à la hauteur des attentes.


Qu'on se le dise clairement, Endgame est un véritable cadeau pour les fans du MCU. Il ne cherche pas à convaincre d'autres spectateurs venus chercher un blockbuster où les réalisateurs auraient pu s’approprier le matériau de base pour proposer une vision personnelle de ses icônes. Non, Endgame est à l'image du MCU , hors norme de par sa production mais uniforme dans sa réalisation malgré quelques exceptions ( Iron man 3 ou les gardiens de la galaxie ).

Mais ce n'est pas l'important ici, du moins ça ne l'est plus. Car la véritable force du MCU réside dans ses personnages et dans leurs interactions. Et ça Marvel l'a bien compris. Et ce depuis longtemps et pas seulement au cinéma. Déjà à l'intérieur de leurs comics les interactions et associations entre super-héros permettaient au lecteur de prendre conscience d'un univers vaste, riche et cohérent. C'est notamment le cas lors de la bataille finale , qui plutôt que de proposer des plans marquants ( mise à part la référence à la A-Force), est surtout la démonstration d'un petit miracle de production qui en onze a su rassembler des personnages aussi nombreux que diversifiés.

Endgame commence pourtant avec la volonté de déstabiliser ses spectateurs en proposant un premier quart d'heure mortifère, à l'image de sa scène d'ouverture, poignante, froide et cruelle. Le second coup de semonce arrive lors du retour de Tony Stark, fébrile , faible et rachitique il est quasiment méconnaissable. Enfin le meurtre de Thanos par Thor finit de donner à ce début de film un goût de défaite assumé.

Une défaite jusqu'au retour du plus petit des super-héros de cet univers, Ant-Man. C'est ici que le second acte commence. Un deuxième acte centré autour du voyage dans le temps , un nouveau moyen pour Marvel de revisiter les moments forts de cette saga. Les plus cyniques y verront de l'auto-célébration déguisée , mais cette astuce scénaristique est aussi le moyen pour certains personnages de mesurer le chemin parcouru durant toute cette saga.

Car, si Infinity War était dédié au personnage de Thanos, Endgame est lui un long au revoir pour ses Avengers originaux. Notamment Tony Stark et Captain America. Avec plus ou moins de chance, les arcs narratifs de ces deux personnages héritent d'une conclusion plus que satisfaisante. Et la durée de trois heures du film se justifie par cette volonté à la fois de gâter les fans du MCU mais aussi de laisser du temps pour ces fans de laisser partir des héros qu'ils ont accompagnés de films en films.

On notera la puissance de la dernière réplique de Tony Stark ''I am Iron Man'' prononcée en conclusion du premier film de  cet univers cinématographique mais dont le sens était radicalement différent. Là où Tony Stark fait son coming-out super héroïque par égoïsme et vantardise dans le film de Jon Favreau, dans Endgame cette phrase est prononcée juste avant un acte de pur altruisme. Un sens du sacrifice dont son père se sentait incapable.

Le parcours de Steve Rogers au sein du MCU se conclut en miroir avec celui de Tony Stark, là où Roger a depuis toujours compris et accepté cette notion de sacrifice, il n'avait en revanche jamais pris le temps de construire une famille. Le plan final qui le voit danser avec son amour de toujours est un beau renvoi au film de Joe Johnston qui se terminait avec un Steve Rogers perdu dans New-York et avec cette réplique ''I had a date''.

Enfin si le traitement du personnage de Thor reste critiquable vis- à- vis des comics, il est en revanche en adéquation totale avec l'acteur qui l'incarne, Chris Hemsworth. Ici le traitement du personnage est presque méta tant il fait écho au parcours de l'acteur , d'abord présenté comme un acteur sobre et shakespearien avant de révéler son talent comique. Ainsi comme l'énonce clairement la mère de Thor dans Endgame , Thor va enfin devenir celui qu'il veut être et plus ce que l'on attend qu'il soit.

Si l'on pourra regretter un Thanos moins complexe que dans le précédent film, malgré une véritable impression de puissance et d'invulnérabilité lors du combat final, d'autres personnages se révèlent dans ce film. C'est notamment le cas de Nebula, incarnée avec brio par Karen Gillian, personnage fascinant , sans cesse rafistolée et améliorée et qui sera passée du statut d'antagoniste secondaire à celui d’héroïne torturée et touchante. Une des plus belles rédemptions du MCU.

Fait rare dans le MCU , le score composé par Alan Silvestri est une pure merveille, du magnifique Portals lors de la scène finale, au thème de Thanos en passant par celui de New Asgard, le compositeur de Retour vers le futur s'en donne à cœur joie et insuffle au film un véritable souffle héroïque. Notons aussi une audace de mise en scène lors de la scène d'assassinat à Tokyo où l'affrontement entre Ronin et les yakuza se déroule en plan-séquence très joliment chorégraphié. Car si les frères Russo ont été choisis pour mettre en scène ce diptyque monumental ce n'est pas pour leurs qualités de metteur en scène d'action et de chorégraphies  mais bien pour leurs capacités à gérer un grand nombre de personnages et leurs interactions, un savoir faire acquis grâce à leur travail sur la série Community.


Pour conclure sur un avis personnel, Endgame aura su faire vibrer mon cœur de fan de l'univers Marvel. Dix ans plus tôt je découvrais cet univers au cinéma avec L'incroyable Hulk, pas le plus marquant mais les différents indices laissés dans le film me faisaient prendre conscience d'un univers plus vaste que je commençais à découvrir dans les comics. Enfin la fameuse phrase ''Avengers assemble'' prononcée par Captain America est un fantasme de geek que j'ai porté durant des années et que je ne pensais jamais voir adapté à l'écran. Et rien que pour ça, merci.


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