• Peter Parkour

Game of Thrones : a song of ice and fire

Impossible d'y échapper, l'une des séries phares de la pop-culture vient de se terminer il y a quelques jours. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce final fait débat. Tentons de revenir à froid sur ce qui restera comme un grand moment de l'histoire des séries télévisés. 


Une attente insoutenable


Nous étions habitués chaque année à avoir notre "dose " de Game of Thrones, mais pour cette dernière saison, il aura fallu attendre deux ans. La série ayant depuis longtemps dépassé les livres de George Martin il ne nous restait que nos suppositions pour imaginer le dénouement. Cependant, très tôt l'annonce du nombre d'épisodes composant cette dernière saison en aura refroidi quelques uns, si la production rassurera les fans avec la durée des épisodes  en nous promettant six véritables films. Force est de constater que tous les épisodes n'atteignent pas la durée fantasmée par les fans. Aucun épisode n'a été diffusé et déjà, l'inquiétude d'un dénouement trop expéditif se fait sentir. Qu'en est-il en vérité ?


Une saison coupée en deux


Il y a clairement deux parties bien distinctes dans cette saison, la première se déroulant à Winterfell orchestre le combat entre les vivants et les morts.  La saison s'ouvre sur un pur épisode de mise en place , parfait pour se remettre dans l'univers , d'identifier les enjeux et d'en créer de nouveaux. Avec au cœur de l'épisode la révélation de Sam sur les véritables origines de Jon Snow qui prend justement place dans la crypte des Stark. Cet épisode multiplie les  renvoi au premier épisode de la série et redonne encore plus de cohérence à cet univers. En témoigne notamment ces retrouvailles entre Bran Stark et Jaimie Lannister. Plus qu'un clin d’œil , ce simple chant-contrechamp permet au spectateur de mesurer en un scène tout le chemin parcouru par ses personnages.

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Le second épisode de cette saison sera celui des préparatifs avant la grande bataille, peu de révélations ou de grands moments. Seulement des discussions, des retrouvailles, des échanges, peut-être le plus bel épisode cette saison. A cet instant Game of Thrones ne rushe pas son final, bien au contraire , la série se permet un épisode anti-spectaculaire où les personnages à travers leurs échanges font le bilan de leurs parcours et se demandent à l'unisson : quel serait ma dernière volonté ? Celle du personnage de Brienne culmine dans une scène d'adoubement aussi minimaliste que touchante. Un délice d'écriture et d'interprétation qui nous rappelle tout simplement que l'on aime aussi cette série pour ses dialogues et ses personnages.

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Vient ensuite le troisième épisode qui clôt la première partie de la saison 8 et sûrement le premier épisode à faire débat parmi les fans. La faute à un choix d'éclairage des scènes extrêmement clivant mais paradoxalement révélateur. En effet beaucoup de spectateurs du show se sont plaint du manque de luminosité sur de nombreuses scènes de l'épisode qui en plus s'annonçait comme grandiose, la réponse du directeur de la photographie de l'épisode sera pour le moins cinglante, il prétextera en effet que ceux qui n'ont rien vu durant l'épisode ne savent tout simplement pas régler leur téléviseur. Dire ça c'est oublier que Game of Thrones est une des séries les plus vues dans le monde et pas toujours sur des supports permettant de régler correctement l'image.

Il reste malgré tout de cet épisode des moments forts et des plans marquants, notamment ceux mettant en opposition les deux dragons qui deviennent les seules sources de lumières. Ou encore la première offensive des Dothraki qui se terminent de façon abrupte dans la nuit noire. Avec du recul ( et de bons réglages visiblement ) il sera sûrement intéressant de revenir sur cet épisode.Si le manque d'informations concernant la mythologie des marcheurs blancs a pu en frustrer certains, le spin-off consacré aux enfants de la forêt apportera sûrement les réponses nécessaires et bien plus encore.La mort du Night King restera un moment très fort de la série et de l'épisode même si l'on regrettera dans un premier temps le fait que peu de personnages importants ont trouvé la mort durant cet épisode, dans un premier temps seulement car l'on comprendra plus tard que la vraie tragédie se jouera au Sud.

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Dracarys


Passé la déception de l'épisode précédent, la série retourne à ce qu'elle sait faire de mieux, alterner les points de vue, se jouer des conspirations et choquer ses spectateurs. Cet épisode aura réconcilié de nombreux fans avec la série, c'est le retours des intrigues politiques , des coups bas et des morts choquantes et cruelles. Avec en bonus l'arrivée presque tarantinesque de Bron dans une auberge qui oscille entre tension et humour. Le climax final de l'épisode nous prouve que la série maîtrise toujours autant ces moments de tension et le plan final, déterminant annonce la couleur pour un cinquième épisode déjà mythique.

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Si l'avant dernier épisode a divisé les fans du show, c'est surtout pour le revirement du personnage de Daenerys qui semble trop soudain, pourtant les signes avant-coureurs sont là et les pertes successives de ses proches et alliés accentuent encore plus son revirement. Seulement l'impression générale de cette saison qui ne dure que six épisodes a je pense renforcé cette idée de revirement soudain et incohérent. Mais à part ça, quel grand moment..

D'un point de vue esthétique l'épisode est somptueux, du combat entre les frères Clegane ( qui se termine symboliquement  avec Sandor Clegane qui se jette dans le feu ) à l'apparition du cheval blanc en fin d'épisode. Et encore une fois la série sait prendre nos attentes à rebours, l'affrontement spectaculaire , ce fantasme de bataille finale que le spectateur a en tête sera vite remplacé par une mise à mort tragique à laquelle on assiste impuissant comme tous les personnages. A partir du moment où les cloches sonnent ( fantastique moment de tension ) l'impuissance des personnages est à son apogée, même la surpuissante Arya qui a sauvé Westeros deux épisodes plus tôt ne peut rien face au déluge de Daenerys. Des larmes pour la scène d'adieu entre Tyrion et Jaimie , Jaimie qui finit comme il l'avait souhaité, dans les bras de celle qu'il aime. Pas de mort spectaculaire pour Cersei seulement un fin tragique , symbolique et violente.

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Nous y voilà , le grand final, le dernier épisode d'une série culte qui a déjà une place de haut rang dans la pop culture. Et , une nouvelle fois pas de grandes batailles ici , pas de véritables rebondissements incroyables non plus. Seulement une ambiance mortifère sur toute la première partie de l'épisode. Tyrion déambule dans une cité dévasté , pleure son frère et sa sœur. Et les intrigues politiques et autres trahisons sont rythmés par des silences lourds. L'enjeu ici n'est plus vraiment de convaincre, mais d'accepter une vérité, une vérité douloureuse. Tout comme le spectateur qui a suivi l'ascension de Daenerys au fil des saisons, il faut du temps pour l'accepter comme la menace qu'elle est véritablement. Une nouvelle fois cet épisode final est anti-spectaculaire et aussi somptueux  ( voir plus )que l'épisode précédent. Des scènes dictatoriales de Daenerys à la destruction du trône de fer , la gravité des enjeux et des personnages crèvent l'écran.

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La seconde partie de l'épisode bouclera de nombreux arcs narratifs , toujours de manière satisfaisante et qui pourrait ressembler à un happy -end pour ces personnages qui auront parfois souffert tout le long de la série. On est ainsi ravi du couronnement de Sansa dont la puissance froide aura ébloui cette dernière saison et l'on regrette déjà qu'aucun spin-off concernant Arya ne soit prévue. Enfin le dernier plan de la série renvoi à la scène d'ouverture du premier épisode et voit Jon Snow retourner vivre auprès de son peuple d'adoption. Logique , beau et simple.


Les showrunners avaient pourtant prévenu leurs fans, beaucoup n'allaient pas aimer le final de Game of Thrones. Rien d'étonnant pour une série qui tout au long de son déroulement aura pris un malin plaisir à déjouer les attentes des spectateurs et à transformer ses antagonistes en anti-héros. Pour la première fois dans la série, l'inverse s'est produit avec la métamorphose de Daenerys. De plus, étant donné son audience folle, la déception était quasiment obligatoire.Les attentes des un et des autres diffèrent et plutôt que de donner raison aux fans , les scénaristes ont préféré prendre des risques jusqu'au bout. Sûre que ce parti-pris  sera revue à la hausse d'ici quelques années.En attendant, on parle de quoi lundi prochain ? 

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